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17.01.2008

Lettre ouverte de militants du MoDem à Jean-Marie-Cavada

 

e4a3013a547a0c78dcc3a468bb558338.jpgNous vous avions soutenu lors des élections législatives à Saint-Maur / Créteil / Bonneuil dans le Val de Marne. Vous représentiez pour nous des valeurs, une compétence, une image, un soutien exemplaire de François Bayrou et du Mouvement Démocrate. Et nous étions fiers de mener ce combat à vos côtés, ne comptant pas notre temps, tractant par tous les temps sur les marchés et dans les gares, le week-end et en semaine, participant aux multiples réunions et débats, animant votre blog de soutien militant. A l’époque, vous sembliez très attaché à vos responsabilités au Parlement Européen, néanmoins prêt à les quitter en cas de victoire aux législatives en France, jugeant l’enjeu très important pour le MoDem et pour que la France fasse avancer le projet européen, et vous vous étiez déclaré absolument pas intéressé par un mandat local de Maire, laissant donc entendre qu’il n’y aurait pas de suite à votre candidature aux élections municipales, quelle que fût l’issue des législatives.

Une chose nous avait intrigués: votre sympathie très affirmée à l’égard de Nicolas Sarkozy, proclamé publiquement comme une de vos plus proches amis, avec lequel vous avez souvent passé des vacances à Arcachon. Tout en faisant également le panégyrique de François Bayrou, de son courage, de son honnêteté et de sa droiture. Nous avons cependant aussi noté deux autres points : votre rancune à l’égard de François Bayrou qui n’aurait pas dû selon vous dire qu’il ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy au second tour des présidentielles, et votre refus de partager le pouvoir au MoDem avec Marielle de Sarnez. Nous redoutions déjà une rupture …
Vous avez attendu la formation des candidatures aux municipales pour soudain basculer de camp et vous déclarer candidat tête de liste UMP aux municipales de Paris dans le XIIème arrondissement, que vous n’habitez pas puisque vous résidez à Neuilly-sur-Seine.

Nous respectons vos choix. Ce que nous ne pouvons pas comprendre, c’est la raison de votre décision, vos arguments nous paraissant incohérents, votre discours dévoilant vos palinodies ou disons un désaveu.

Vous étiez parfaitement en ligne avec les valeurs et le programme du Mouvement Démocrate, qui sont très différentes de ce qu’a exprimé et met en œuvre l’UMP et le gouvernement Sarkozy. Pourtant, au motif de préférer être du côté du gouvernement pour défendre plus efficacement les idées qui ne sont pas les siennes, vous ralliez donc un camp dont vous savez bien qu’il est très difficile de faire valoir des idées contradictoires, comme nous en avons la preuve avec le Nouveau Centre, Bernard Kouchner et bien d’autres. Les députés ex-MoDem ralliés au gouvernement utilisaient les mêmes arguments que vous, proclamant avoir conservé les mêmes valeurs et programmes initialement du MoDem, et n’arrivent plus à se faire écouter, allant même jusqu’à l’autocensure, leur porte-parole François Sauvadet refusant à plusieurs reprise de faire valoir des demandes de ses pairs. On se demande aussi pourquoi vous n’avez pas rejoint ce Nouveau Centre … Sans doute car il est déjà doté d’un chef, Hervé Morin. Vous prétendez à présent vouloir fédérer les centristes, le centre gauche, bref, les démocrates …
Reconnaissez également que le principal intérêt de Nicolas Sarkozy à votre recrutement était bien celui de « casser » Bayrou et son Mouvement Démocrate, et diviser le centre comme la gauche par ces débauchages pour mieux régner sans partage et désamorcer l’opposition.
Vous venez d’annoncer hier le lancement d’un « forum d’action » ou encore d’une « structure de travail » appelée maintenant « Avenir Démocrate » (remplaçant donc le « Alliance des citoyens pour la démocratie » suivi du « Action citoyenne pour la démocratie en Europe » annoncé récemment ?). Le plagiat devient caricatural…

Quant à votre propre intérêt, puisque vous n’étiez pas motivé, selon vos propres dires, par un mandat local, il est probablement à chercher du côté de la promesse d’autres fonctions, d’un poste ministériel, tout en faisant plaisir à votre ami Sarkozy, en rejoignant sa cour.

Et enfin ce que nous ne pouvons admettre, ce sont toutes les critiques venimeuses et pleines de fiel que vous avez soudain étalées sur la place publique à l’égard de François Bayrou, critiques de surcroît infondées et dites sur un ton si passionnel qu’elles ne pouvaient qu’éveiller la suspicion de leur auditoire.

Rappelons quelques-unes unes de ces phrases assassines :

«J’ai voulu accompagner François Bayrou jusqu’aux limites de la loyauté, pour des raisons essentiellement humaines et par fidélité aux militants. […] Mais aujourd’hui, j’ai épuisé tous les recours de la loyauté.»
« J’ai voulu créer une structure pour accueillir les militants du MoDem en déshérence » 
 «François Bayrou a un programme romantique mais un tempérament qui lui fait refuser l’obstacle de la décision. S’il avait voulu que ses idées prévalent, il aurait pu négocier une alliance avec le gouvernement. […] Il s’y est refusé.» 
 "Nous voulons écarter les diseurs de bonne aventure, ceux que j'ai appelés les télévangélistes, qui observent, dénoncent, critiquent, et invoquent un avenir meilleur, mais se refusent à passer à l'action" et sont "focalisés" sur la prochaine échéance présidentielle."
«Je refuse que les militants de l’UDF-MoDem soient sacrifiés aux négociations municipales ou à l’échéance présidentielle de 2012»
Je vous ai même entendu dire que vous proposiez une porte de sortie aux militants du MoDem, que Bayrou envoie « à l’abattoir » en ne pensant qu’à son élection en 2012.

Trop, c’est trop ! Bayrou n’est pas un boucher et nous ne sommes ni des gogos ni des brebis égarées que l’on va bientôt égorger ! Un peu de décence aurait été plus conforme à l’image que vous donnez habituellement de vous ! La calomnie ne fait pas partie du registre des valeurs du Mouvement Démocrate, aussi cette lettre vise-t-elle à répondre à cette vilaine et indigne attitude sans pour autant vous retourner de telles paroles haineuses. Je peux vous affirmer que les militants du MoDem sont en très grande majorité très déçus de votre attitude, jugée méprisante non seulement à l’égard de François Bayrou, mais aussi à leur égard.

Par votre comportement, vous avez non seulement participé à la division et non au rassemblement des forces démocrates du pays, mais vous avez fait perdre à la France un poste important de présidence de Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures du Parlement Européen, car votre ralliement à l’UMP, affilié au parti conservateur européen PPE-DE, a provoqué de vives réactions de la part de vos pairs européens démocrates de l’ADLE, vous obligeant à démissionner du poste le 15 janvier dernier, et de ce fait c’est probablement un député belge (Gérard Deprez) qui vous remplacera.

De surcroît, vous donnez aux citoyens une piètre image de la politique, laissant accroire que l’attrait des postes est plus fort que les valeurs, les idées que l’on défend, la loyauté.

Depuis votre défection, vous ne nous avez pas rappelés ni envoyé vos vœux, probablement persuadé que notre accueil ne serait pas chaleureux ou bien peut-être nous avez-vous complètement oubliés.

Nous vous souhaitons quand même une bonne année 2008, avec plus de cœur et moins de rancœur, et avons même composé pour vous et Hervé Morin ces quelques alexandrins :

Tous ceux-là, malgré la réception des honneurs,
Devraient méditer sur ce bel antique adage
Qui rappelle que nul même sous projecteurs
N'est à l'abri d'une chute après les hommages :
Le "Arx tarpeia Capitoli proxima " :
"La Roche Tarpéienne est près du Capitole"
Voilà ce dont prévient, maxime a minima,
Que même la tête des vrais preux dégringole.

L'adulé d'aujourd'hui peut être honni demain,
Quand le banni d'hier a aujourd'hui la main !

 

                    Marie-Anne Kraft et des militants MoDem de Saint-Maur (94)

04.07.2007

Jean-Marie Cavada : La démocratie ne peut se passer de contre-pouvoirs (FRance Culture, 21 juin 2007)

medium_Cavada_radio2.2.jpgInvité du Rendez-vous des politiques sur France Culture, Jean-Marie Cavada a défendu l’indépendance des médias et l’existence de contre-pouvoirs forts dans une démocratie. Il a constaté que notre système électoral pénalise des forces politiques comme le MoDem. Il a ainsi plaidé pour un système proportionnel à l’Allemande qui ressemblerait à la diversité de la société. Le député européen est également favorable à un traité simplifié à condition que le Parlement européen ait un pouvoir d’initiative et que l’on n’abandonne pas la Charte des droits fondamentaux.

Jean-Marie Cavada a reconnu que le Mouvement Démocrate (MoDem) se trouvait dans une situation paradoxale avec beaucoup d’adhérents – 48 000 à ce jour - et peu d’élus. Il a estimé qu’avec quatre députés, le MoDem sera spectateur à l’Assemblée et qu’il lui faudra faire connaître sa position sur la politique gouvernementale et les améliorations à y apporter via les médias classiques. Cette situation prouve à ses yeux qu’il faudrait introduire de la proportionnelle comme l’ont fait les Allemands où les circonscriptions, les régions et les partis sont représentés. Il s’agit d’avoir un Parlement qui "rassemble les nuances fondamentales de la société". "Il faut faire entrer les différentes aspirations de la société française" a déclaré Jean-Marie Cavada. Il a rappelé que parmi elles, il y a une demande de faire la politique autrement. Dans notre système, quelqu’un qui recueille 35% des voix se retrouve avec 60% des sièges. Cela ne permet pas, selon lui, de mener à bien des réformes car 65% ne sont pas d’accord et vont bloquer tout changement.

 

Jean-Marie Cavada considère que lorsque l’on appartient à une famille de pensée, on n’abandonne pas le navire et on ne traverse pas la rivière même si on vous fait des propositions comme dans son cas. Il a estimé que le MoDem devait faire l’analyse des raisons du succès de ses idées et de son échec en termes de stratégie de pouvoir. Il a expliqué qu’il y avait deux chemins possibles à l’avenir : une voie longue où le parti se reconstitue d’élections en élections comme l’a fait Mitterrand après son échec à la présidentielle de 1974 ; la voie rapide qui consiste à passer des alliances électorales à condition qu’on ne prenne pas de décisions dans le dos des électeurs et qu’on affiche et négocie un programme avec la majorité actuelle ou avec l’opposition, un vote décidant des partenaires. Jean-Marie Cavada considère que la voie rapide est la plus productive : il estime en effet que si le système qui élimine tout ce qui n’est pas la majorité et l’opposition, ne change pas, il faut s’en servir et non lui tourner le dos car ce serait alors lourd de conséquences pour le mouvement. Jean-Marie Cavada a précisé que cela suppose de se mettre d’accord sur un socle commun qui comprendrait la revalorisation de la fonction éducative, la réduction de la dette et des déficits publics, la relance du projet européen, la revalorisation des petits salaires et des petites retraites, et l’introduction de la proportionnelle aux élections législatives.

 

S’agissant du pluralisme et de l’indépendance des médias, l’ancien directeur de Radio France et journaliste, a estimé qu’il fallait d’abord s’interroger sur la nature démocratique de notre pays. Il considère que nous vivons dans une République libertaire puisque la liberté d’expression existe mais que nous ne sommes pas dans une démocratie : cela supposerait pour cela des contre-pouvoirs. Or il constate que le Parlement n’a pas de pouvoirs et que dans notre pays, les contre-pouvoirs dépendent du pouvoir. Jean-Marie Cavada propose que les nominations des magistrats (Conseil constitutionnel, Conseil d’Etat, Conseil supérieur de l’audiovisuel…) soient avalisées par le Parlement. Cela obligerait, selon lui, à aller chercher les meilleurs. Il considère en outre que les gens à la tête de ces institutions doivent se servir du pouvoir qui leur est conféré. Bref, il s’agit de faire appel à des personnes d’autorité et neutres. Enfin, il est opposé à ce que les entreprises liées à l’Etat par des contrats, puisse posséder des médias comme c’est le cas aujourd’hui pour des sociétés comme Lagardère, Dassault ou Bouygues. Néanmoins, il considère que la liberté d’expression n’est pas menacée dans notre pays. Mais, il constate que le conformisme étiole la liberté…

 

A l’occasion de l’ouverture du Conseil européen, Jean-Marie Cavada a été longuement interrogé sur la relance du Traité constitutionnel. Tout d’abord, il a constaté que le président de la République avait dépensé beaucoup d’énergie pour relancer le projet européen. "Il a redonné de la vigueur et de la curiosité pour ce sujet" a souligné le député européen. Il est favorable à l’adoption d’un traité simplifié qui permette de prendre des décisions à la majorité qualifiée et non plus à l’unanimité afin de mener des politiques communes. Il juge la position de la Pologne qui souhaite conserver les conditions du Traité de Nice sur le système de vote, insensée. Mais ce nouveau traité ne doit pas, à ses yeux, aboutir à un recul de l’ambition politique au profit des "accommodements marchands". Car ce serait, selon lui, une victoire des britanniques et des Etats-Unis qui auraient "un allié à genou" : une force économique mais pas une force politique. Or Jean-Marie Cavada estime que l’Europe a un rôle à jouer pour préserver la paix même s’il reconnaît que l’Union européenne n’a pas pour l’instant de politique étrangère commune. Il a ainsi pris l’exemple de la Palestine où l’Europe a repris son soutien financier mais n’a pas d’action diplomatique. Le député européen pose deux conditions à ce traité simplifié : il doit, à ses yeux, donner un pouvoir d’initiative parlementaire afin que le députés puissent proposer des directives et ainsi charger la Commission européenne de les mettre en œuvre. La seconde condition porte sur la Charte des droits fondamentaux qui reprend l'ensemble des droits civiques, politiques, économiques et sociaux des citoyens européens ainsi que de toutes personnes vivant sur le territoire de l'Union. Il trouverait insensé et inadmissible son abandon car elle comporte des avancées importantes pour les citoyens et il ne croit pas que l’Europe puisse se faire sans eux. D’ailleurs, il attribue le déficit de popularité de Bruxelles au fait que la politique de la Commission échappe aux citoyens. Jean-Marie Cavada a avancé une seconde raison : aujourd’hui, le système institutionnel est tel que l’Europe traite des détails comme les dates de chasse et de pêche, et non de l’essentiel : la question des frontières, la politique extérieure vis-à-vis de nos voisins, la politique méditerranéenne, énergétique ou encore de défense. Il insiste : "L’Europe est faite pour s’occuper de l’essentiel qui sans elle serait menaçant pour chaque Etat". Enfin, il a indiqué que sa candidature aux élections législatives participait à une envie de faire redémarrer la construction européenne : "Nous devons faire un effort important pour populariser la notion de l’utilité européenne".

 

France Culture

24.06.2007

Jean-Marie Cavada : La démocratie ne peut se passer de contre-pouvoirs (France Culture, 21 juin 2007)

Jean-Marie Cavada : La démocratie ne peut se passer de contre-pouvoirs

21 juin 2007




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Invité du Rendez-vous des politiques sur France Culture, Jean-Marie Cavada a défendu l’indépendance des médias et l’existence de contre-pouvoirs forts dans une démocratie. Il a constaté que notre système électoral pénalise des forces politiques comme le MoDem. Il a ainsi plaidé pour un système proportionnel à l’Allemande qui ressemblerait à la diversité de la société. Le député européen est également favorable à un traité simplifié à condition que le Parlement européen ait un pouvoir d’initiative et que l’on n’abandonne pas la Charte des droits fondamentaux.

Jean-Marie Cavada a reconnu que le Mouvement Démocrate (MoDem) se trouvait dans une situation paradoxale avec beaucoup d’adhérents – 48 000 à ce jour - et peu d’élus. Il a estimé qu’avec quatre députés, le MoDem sera spectateur à l’Assemblée et qu’il lui faudra faire connaître sa position sur la politique gouvernementale et les améliorations à y apporter via les médias classiques. Cette situation prouve à ses yeux qu’il faudrait introduire de la proportionnelle comme l’ont fait les Allemands où les circonscriptions, les régions et les partis sont représentés. Il s’agit d’avoir un Parlement qui "rassemble les nuances fondamentales de la société". "Il faut faire entrer les différentes aspirations de la société française" a déclaré Jean-Marie Cavada. Il a rappelé que parmi elles, il y a une demande de faire la politique autrement. Dans notre système, quelqu’un qui recueille 35% des voix se retrouve avec 60% des sièges. Cela ne permet pas, selon lui, de mener à bien des réformes car 65% ne sont pas d’accord et vont bloquer tout changement.

 

Jean-Marie Cavada considère que lorsque l’on appartient à une famille de pensée, on n’abandonne pas le navire et on ne traverse pas la rivière même si on vous fait des propositions comme dans son cas. Il a estimé que le MoDem devait faire l’analyse des raisons du succès de ses idées et de son échec en termes de stratégie de pouvoir. Il a expliqué qu’il y avait deux chemins possibles à l’avenir : une voie longue où le parti se reconstitue d’élections en élections comme l’a fait Mitterrand après son échec à la présidentielle de 1974 ; la voie rapide qui consiste à passer des alliances électorales à condition qu’on ne prenne pas de décisions dans le dos des électeurs et qu’on affiche et négocie un programme avec la majorité actuelle ou avec l’opposition, un vote décidant des partenaires. Jean-Marie Cavada considère que la voie rapide est la plus productive : il estime en effet que si le système qui élimine tout ce qui n’est pas la majorité et l’opposition, ne change pas, il faut s’en servir et non lui tourner le dos car ce serait alors lourd de conséquences pour le mouvement. Jean-Marie Cavada a précisé que cela suppose de se mettre d’accord sur un socle commun qui comprendrait la revalorisation de la fonction éducative, la réduction de la dette et des déficits publics, la relance du projet européen, la revalorisation des petits salaires et des petites retraites, et l’introduction de la proportionnelle aux élections législatives.

 

S’agissant du pluralisme et de l’indépendance des médias, l’ancien directeur de Radio France et journaliste, a estimé qu’il fallait d’abord s’interroger sur la nature démocratique de notre pays. Il considère que nous vivons dans une République libertaire puisque la liberté d’expression existe mais que nous ne sommes pas dans une démocratie : cela supposerait pour cela des contre-pouvoirs. Or il constate que le Parlement n’a pas de pouvoirs et que dans notre pays, les contre-pouvoirs dépendent du pouvoir. Jean-Marie Cavada propose que les nominations des magistrats (Conseil constitutionnel, Conseil d’Etat, Conseil supérieur de l’audiovisuel…) soient avalisées par le Parlement. Cela obligerait, selon lui, à aller chercher les meilleurs. Il considère en outre que les gens à la tête de ces institutions doivent se servir du pouvoir qui leur est conféré. Bref, il s’agit de faire appel à des personnes d’autorité et neutres. Enfin, il est opposé à ce que les entreprises liées à l’Etat par des contrats, puisse posséder des médias comme c’est le cas aujourd’hui pour des sociétés comme Lagardère, Dassault ou Bouygues. Néanmoins, il considère que la liberté d’expression n’est pas menacée dans notre pays. Mais, il constate que le conformisme étiole la liberté…

 

A l’occasion de l’ouverture du Conseil européen, Jean-Marie Cavada a été longuement interrogé sur la relance du Traité constitutionnel. Tout d’abord, il a constaté que le président de la République avait dépensé beaucoup d’énergie pour relancer le projet européen. "Il a redonné de la vigueur et de la curiosité pour ce sujet" a souligné le député européen. Il est favorable à l’adoption d’un traité simplifié qui permette de prendre des décisions à la majorité qualifiée et non plus à l’unanimité afin de mener des politiques communes. Il juge la position de la Pologne qui souhaite conserver les conditions du Traité de Nice sur le système de vote, insensée. Mais ce nouveau traité ne doit pas, à ses yeux, aboutir à un recul de l’ambition politique au profit des "accommodements marchands". Car ce serait, selon lui, une victoire des britanniques et des Etats-Unis qui auraient "un allié à genou" : une force économique mais pas une force politique. Or Jean-Marie Cavada estime que l’Europe a un rôle à jouer pour préserver la paix même s’il reconnaît que l’Union européenne n’a pas pour l’instant de politique étrangère commune. Il a ainsi pris l’exemple de la Palestine où l’Europe a repris son soutien financier mais n’a pas d’action diplomatique. Le député européen pose deux conditions à ce traité simplifié : il doit, à ses yeux, donner un pouvoir d’initiative parlementaire afin que le députés puissent proposer des directives et ainsi charger la Commission européenne de les mettre en œuvre. La seconde condition porte sur la Charte des droits fondamentaux qui reprend l'ensemble des droits civiques, politiques, économiques et sociaux des citoyens européens ainsi que de toutes personnes vivant sur le territoire de l'Union. Il trouverait insensé et inadmissible son abandon car elle comporte des avancées importantes pour les citoyens et il ne croit pas que l’Europe puisse se faire sans eux. D’ailleurs, il attribue le déficit de popularité de Bruxelles au fait que la politique de la Commission échappe aux citoyens. Jean-Marie Cavada a avancé une seconde raison : aujourd’hui, le système institutionnel est tel que l’Europe traite des détails comme les dates de chasse et de pêche, et non de l’essentiel : la question des frontières, la politique extérieure vis-à-vis de nos voisins, la politique méditerranéenne, énergétique ou encore de défense. Il insiste : "L’Europe est faite pour s’occuper de l’essentiel qui sans elle serait menaçant pour chaque Etat". Enfin, il a indiqué que sa candidature aux élections législatives participait à une envie de faire redémarrer la construction européenne : "Nous devons faire un effort important pour populariser la notion de l’utilité européenne".

 

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